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FUKUSHIMA SUPERSTITIONS AND CONSEQUENCES

Au Japon, Sarah Trouche se confronte aux silences d’une société post fukushima. Elle découvre «Aokighanara» au bas du Mont Fuji, où des individus viennent se pendre régulièrement. Avec la conscience implacable qu’ils ne peuvent poursuivre le chemin des vivants, ils prennent la décision de le quitter. Pour chacun d’entre eux est érigé un sotoba, une tablette en bois que laquelle est gravée le nouveau nom du defunt .Les sotoba marquent le passage des individus disparus. Avec la collaboration dun temple,L’artiste a fabriqué ses propres sotoba, peints en jaune. Face a Aokighanara,au bord du lac Shoji elle a planté une haie de sotoba qui au gré des vents s’effondrait. Avec l’absurde volonté de lutter contre les éléments, elle s’est évertuée à relever les sotoba, envers et contre tous. Un acte pour saluer les mémoires évanouies et pour souligner la violence des suicides.

Son examen des croyances et des superstitions l’a conduite aux rituels shintos, et notamment à celui de la purification des âmes et des corps. À l’aide d’un «Onussa» l’artiste a proposé une interprétation du rituel en balayant les airs autour d’elle. Nue, le corps recouvert d’une peinture jaune, elle dénonce non seulement les vagues de suicides au Japon, mais aussi un problème plus récent : les conséquences de la catastrophe de Fukushima. Elle a souhaité constater physiquement les alentours du désormais célèbre village. Dans une forêt de bambous enneigée, elle s’est immobilisée pendant quatre heures nue dans la neige, élement charge en radioactivité. Agenouillée, prostrée et le visage partiellement recouvert d’une corde, elle tente de faire réagir une population en danger, elle appelle à une résistance individuelle et collective.

Julie Crenn
Conservateur Shinjiro Saito
Gallery Hakusen Tokyo

Printing sotobas

Japan, 2012