top of page

SAHARA NOMAD

"Sarah : étym.
De l’hébreu Sara, « princesse »
Sahra : étym.
De l’arabe, « brune au teint fauve »
Sahara: étym.
De l’arabe, sarā, « désert »

Performeuse plasticienne, Sarah Trouche a pleinement intégré sa pratique à l’économie de l’art mondialisé en se focalisant, sans s’y tenir, sur les marges du village planétaire. Ses voyages sont ainsi motivés par une volonté de rencontrer l’autre minoritaire et de faire porter sa voix sur la grande scène médiatique d’où la culture globale l’évince peu à peu."

 

Pour sa série Actions in Sahara : "elle se joint à une communauté nomade dans le désert et y conçoit trois performances centrées sur la mise en valeur de ses modes de vie. Fidèle à un dispositif qui ne sacrifie ni le formalisme esthétique, ni l’engagement intellectuel, elle les réalise nue, un chèche sur la tête, entièrement peinte en indigo, de la couleur de leurs habits de lin.

 

La première, Inchallah, consiste en l’entassement de mosquées miniatures bleues, en écho à un jeu de construction précaire, soulignant la fragilité de l’idéologie religieuse. Pour la seconde, Nomad, elle se fait l’étai d’une tente tribale, montée puis démontée à partir de son foulard et de piquets, rendant hommage à des conceptions alternatives de l’habiter.

La dernière, Drawing Landscape, emprunte quant à elle son esthétique aux codes du land art : debout et immobile, positionnée au centre d’un cercle dessiné par un 4×4 lancé à vive allure, elle affronte une tempête de sable locale artificiellement provoquée, poétisant l’évolution de ces paysages arénacés, constamment redessinés.

 

Son œuvre dépeint sous tous les angles les dissonances d’un monde en pleine mutation, tiraillé entre tradition et modernité, logiques micro- et macroscopiques, développement d’une standardisation mondiale et foyers de résistances à celle-ci. Au seuil des frontières physiques et mentales, Sarah Trouche se pose en sentinelle des dangers contemporains, déployant une œuvre alerte et engagée, qui dénonce les échecs de la mondialisation et l’érosion du respect d’autrui qui s’y opère...(.)"

Florian Gaité
Conservateur Biennale de Marrakech / Youth talking

bottom of page